La vaccination : une étape incontournable

 

 

 

Auteurs :        Dr LOTH-BALZER Annabelle, vétérinaire

Dr BALZER Alexandre, vétérinaire

 

 

 

            La vaccination est plus qu’une simple injection et l’obtention d’un passeport. C’est en effet un rendez vous incontournable pour la santé du chien. Il permet non seulement de faire le point tous les ans sur l’état général de l’animal mais aussi de protéger votre compagnon contre des maladies souvent mortelles et hautement contagieuses. Les chiens d’eau et de sport sont particulièrement exposés aux risques, du fait de leur vie en communauté, soit lors de la concours, d’entraînement et souvent d’exposition.

 

 

            La vaccination est un rendez-vous incontournable pour votre compagnon et vous. Non seulement la vaccination va protéger votre animal mais il permettra aussi à votre vétérinaire de faire un examen clinique général. Cet examen complet et consciencieux permettra éventuellement de constater une éventuelle maladie. Détectée et traitée tôt, celle-ci aura des effets souvent moindres sur l’état du chien.    En fonction du protocole, la vaccination peut se scinder en trois groupes d’injections : les maladies courantes, la rage et la piroplasmose.

 

 

 

 

 

 

 

Les maladies courantes

Les maladies courantes sont comprises dans le vaccin que l’on appelle CHPPiL : C comme la maladie de Carré, H comme l’hépatite de Rubarth, P comme la parvovirose, Pi comme … la toux de chenil et enfin L comme la leptospirose.

Pourquoi attendre trois mois pour vacciner définitivement un chiot ? Avant trois mois, le chiot possède encore des anticorps de sa mère, ingérés par le colostrum juste après la naissance. Normalement celui-ci est donc protégé au début de sa vie. Mais la durée de vie de ces anticorps maternels est limitée, et on estime qu’à trois mois, le chiot n’est plus protégé. Le problème est qu’une vaccination est une injection d’un produit qui mime la maladie. Ainsi, lors d’une vaccination avant trois mois, ce sont les anticorpss maternels qui vont défendre le chiot. Ce ne sont donc pas les propres défenses du chiot qui vont travailler et s’entraîner ! C’est pourquoi on ne vaccine définitivement les chiots qu’après trois mois. Cependant, imaginez que le chiot n’ait pas bu correctement le colostrum, il ne sera pas protégé contre ces maladies si on ne le vaccine pas. Mais comment détecter un chiot qui a mal assimilé le colostrum ? Difficile voire impossible. Ainsi, avant trois mois, on vaccine le chiot par protection à court terme puis à trois mois on débute le protocole dit normal, constitué de deux injections à un mois d’intervalle.

 

La rage 

Dans le passeport, cette valence est notée R.  Elle est fréquemment injectée en même temps que le vaccin CHPL. De manière générale, la rage n’est pas une vaccination  obligatoire sur le territoire français. Cependant, dans un certain nombre de cas, il est indispensable de vacciner votre compagnon contre cette maladie : le passage des frontières, , les animaux importés ou ayant séjournés dans un pays infecté…

           

La piroplasmose

Il existe deux vaccins contre la piroplasmose en France. Ils doivent être injectés en dehors du protocole vaccinal classique et de préférence avant tout épisode de piroplasmose chez le chien.

 

 

 

Les maladies en bref…

 

La maladie de Carré 

C’est avec la parvovirose la maladie virale la plus fréquente du chien. Elle atteint les canidés (chiens, loups, renards, fennecs) et certaines autres espèces (furets, loutres, visons, genettes, mangoustes…). Elle peut atteindre des animaux de tous âges. La contamination se fait par contact direct entre les chiens. L’incubation (période qui va de la contamination à l’apparition de des premiers symptômes) dure de 12 à 15 jours. Les premiers symptômes débutent par une forte fièvre (39,5 à 40,5 °C), un écoulement épais et purulent du nez et des yeux ainsi qu’une atteinte respiratoire (toux, respiration difficile et bruyante). L’évolution est le plus souvent fatale (coma), la guérison peut survenir mais laisse parfois des séquelles importantes (perte des dents, trouble de la démarche, troubles de la vue…)

 

L’hépatite de Rubarth :

Cette maladie porte aussi les noms de maladie de Rubarth, hépatite contagieuse canine ou encore adénoviroses. Elle frappe plus gravement les chiots. La contamination se fait par contacts directs et l’incubation est toujours silencieuse. Elle dure de quatre à six jours. Le premier symptôme observé est une très forte fièvre (40 à 41 °C) qui dure 4 à 5 jours. Chez les chiens qui ne succombent pas à la maladie, peuvent apparaître des troubles oculaires caractéristiques : opacification bleutée de la cornée.

 

La parvovirose du chien :

Cette maladie est d’apparition récente en France (1979). Elle est caractérisée par une gastro-entérite hémorragique. La contamination se fait par contact direct mais surtout par l’intermédiaire des matières fécales des chiens malades. L’incubation est très courte (trois à quatre jours). Les symptômes débutent rapidement : vomissements répétés, diarrhée profuse parfois hémorragique et abattement. Très vite l’animal, souvent jeune, va se déshydrater et peut mourir en quelques heures.

 

La toux de chenil :

Il s’agit d’une maladie respiratoire rencontrée essentiellement dans les collectivités canines (chenils, pensions, refuges). Elle est caractérisée par une trachéo-bronchite contagieuse. La contamination se fait essentiellement par contact direct et par des porteurs chroniques. Les symptômes sont uniquement respiratoires : toux sèche et chronique chez les adultes ; toux,  bronchite, difficultés respiratoires chez les chiots. Dans les chenils où les conditions hygiéniques sont médiocres, la toux de chenil peut entraîner une mortalité élevée des chiots.

 

La leptospirose :

C’est une maladie bactérienne commune à l’homme et à plusieurs animaux. La source principale de contamination est le rat sauvage (rat d’égout ou rat des champs) qui héberge sans symptôme le germe et l’élimine dans l’urine. Ainsi, tous les lieux où pullulent les rats présentent des risques pour les chiens : marais, canaux, rigoles, cours d’eau, chenils extérieurs… Le germe pénètre dans l’organisme par voie digestive ou par la peau. L’incubation est courte (cinq à six jours). La maladie peut évoluer sous deux formes : une forme digestive, appelée autrefois typhus, caractérisée par des vomissements sanguinolents et une diarrhée profuse très foncée et une forme ictérique (forte jaunisse) avec une coloration des muqueuses et de la peau jaune orangée, presque toujours mortelle.

 

La rage :

Cette maladie est toujours mortelle pour le chien (comme pour l’homme). Elle est transmise le plus souvent par l’intermédiaire d’un renard enragé. Le chien, comme le chat, se contamine lors de bagarres ou de morsures. L’évolution est souvent rapide (4 à 5 jours) Pendant cette période, la salive de l’animal contaminé est très riche en virus rabique. C’est l’élément principal de contagiosité vis-à-vis des autres animaux et de l’homme. Pour protéger l’homme et les animaux domestiques, la France a mis en place une législation très stricte. Depuis 1968, aucun cas de rage humaine autochtone n’a été observé.

 

La piroplasmose :

            C’est une maladie parasitaire transmise par des tiques, provoquant la destruction des globules rouges. Elle provoque un abattement marqué du chien, une anorexie, une anémie ainsi qu’une hyperthermie. La seule prévention réellement efficace est de lutter contre les tiques à l’aide des anti-parasitaires externes.