La leptospirose

 

 

 

Auteurs :        Dr LOTH-BALZER Annabelle, vétérinaire

Dr BALZER Alexandre, vétérinaire

 

 

 

La leptospirose est une maladie bactérienne, peu fréquente, pour laquelle le chien est particulièrement sensible, puisqu’il s’agit d’une affection souvent mortelle. Les chiens de sauvetage, par leur évolution dans des milieux potentiellement contaminés, sont particulièrement exposés et sont donc à vacciner de façon d’autant plus assidue. La vaccination des chiens permet aussi de protéger leurs propriétaires, puisque la leptospirose est une zoonose, c'est-à-dire une maladie transmissible du chien à l’homme.

 

Texte :

 

La leptospirose, une maladie bactérienne commune aux chiens et à l’homme :

La leptospirose est une maladie contagieuse commune à l’homme et à de très nombreuses espèces animales dont le chien. Il s’agit donc bien d’une zoonose, dont l’agent responsable est une bactérie appelée spirochète : Leptospira interrogans.

Il existe en France de nombreux sérogroupes différents de spirochètes : Leptospira icterohaemorrhagiae, L. canicola, L. grippotyphosa, L. Autumnalis… Les deux principaux sérogroupes à l’origine de leptospirose canine en France sont  Leptospira icterohaemorrhagiae et L. canicola.

La contamination se fait principalement en buvant de l’eau contaminée ou par les urines d’un animal porteur ou malade. Un contact des muqueuses (bouche, œil…) ou d’une plaie par de l’eau souillée suffit aussi à contaminer l’animal. Les principaux vecteurs disséminateurs et réservoirs sont les rats et les rongeurs qui disséminent la maladie sans être malades. Ainsi les zones particulièrement infestées par les rats et les ragondins sont des zones à risque élevé.  Le hérisson est aussi un réservoir mais de nombreuses autres espèces (ruminant..) peuvent également véhiculer des spirochètes. Ainsi la leptospirose affecte principalement les chiens en contact avec des milieux humides, d’eau stagnante et où les rongeurs pullulent ; les chiens de sauvetage sont donc particulièrement exposés à cette maladie. Une fois libérés dans le milieu extérieur dans l’urine de ces animaux, les leptospires sont très résistantes dans les zones humides, particulièrement les eaux douces et lorsque la température est comprise entre 4 et 30°C. Les périodes pluvieuses et douces sont des périodes particulièrement à risque notamment après des hivers doux.

Lorsque l’homme ou le chien est en contact avec les urines d’animaux infectés ou d’eau contaminée par l’urine de ces mêmes animaux, les leptospires pénètrent dans l’organisme par les muqueuses ou par une plaie cutanée et se multiplient.

 

 

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Légende photo 1 : les chiens de sauvetage sont donc particulièrement exposés à cette maladie

 

 

La leptospirose, une maladie grave

Après le contact du chien avec le milieu contaminé, il faut environ 5-6 jours avant l’apparition des symptômes. Pendant ce délai, les leptospiroses se multiplient et envahissent de nombreux organes vitaux : reins, foie, poumon, rate, système nerveux, les yeux… Les premiers symptômes sont malheureusement peu spécifiques avec de la fièvre, de l’abattement et de l’anorexie. Puis, le plus souvent une gastroentérite parfois hémorragique se déclare. Souvent apparaît ensuite un ictère flamboyant, c'est-à-dire que les muqueuses (conjonctive, gencive…) deviennent en quelques heures jaunes orangées.

Les chiens présentent souvent rapidement des signes d’insuffisance rénale (déshydratation …) et hépatique, voire des troubles oculaires, musculaires, nerveux… Le pronostic est fréquemment très sombre et l’état de l’animal se dégrade rapidement. La mort survient très souvent en quelques jours. Il est très difficile de faire un diagnostic de certitude de leptospirose car les examens de laboratoire sont difficiles à mettre en œuvre et peu fiables.

Le vétérinaire se base souvent sur les symptômes évocateurs des chiens (gastroentérite hémorragique, insuffisance rénale aigue, ictère) et le contact récent de l’animal avec un milieu à risque et entreprend immédiatement un traitement de réanimation intensif pour essayer de sauver le chien. Ce traitement est basé sur l’administration d’antibiotiques et sur le traitement des signes cliniques : perfusion, anti vomitifs, protecteur hépatique …

 

La leptospirose, une valence vaccinale

Le vaccin contre la leptospirose est systématiquement pratiquée par les vétérinaires lors du protocole classique de vaccination du chien. Les vaccins commercialisés pour le chien protège contre les deux sérogroupes principaux : Leptospira icterohaemorrhagiae et L. canicola. Les chiots sont vaccinés contre la leptospirose, à partir de 8 semaines avec la nécessité d’une deuxième injection 3 à 4 semaines après.

Suite à cette primovaccination, un rappel annuel sera obligatoire. Toutefois il est préférable d’effectuer un rappel tous les 6 mois pour les chiens soumis à un risque accru d’infection ou de pratiquer le rappel annuel avant la période d’exposition qu’est la chasse par exemple.

Il est important de comprendre que les vaccins ne protègent efficacement uniquement contre les deux principaux sérogroupes affectant le chien : L. icterohaemorrhagiae et L. canicola mais ne protègent que partiellement contre les autres sérogroupes.

 

La leptospirose, la prévention sanitaire

Plusieurs conseils sont à appliquer pour éviter la contamination du chien par les leptospires :

-          Eviter les baignades dans les mares, étangs ou rivières contaminés

-          Lutter contre la présence de rongeurs dans les chenils ou aux abords des chenils

-          Désinfecter les locaux (eau de javel)

-          Isoler tous les chiens qui présentent des signes susceptibles d’être causé par des leptospires pour la sécurité des autres chiens mais également de ses propriétaires. Les chiens malades seront manipulés avec précaution (gant, blouse…). La désinfection permettra d’assainir l’environnement de quarantaine.

 

 

Légende photo 2 : La lutte  contre la présence de rongeurs dans les chenils ou aux abords des chenils permet de limiter les risques de contamination.

 

La leptospirose : une zoonose

Le propriétaire, qui observe chez son chien un ictère flamboyant, de la fièvre et sait de surcroît qu’il a été récemment exposé (chasse, baignade), doit suspecter une leptospirose et prendre des précautions pour sa propre santé : isolement du chien, port de gant, visite chez le vétérinaire en urgence… Chez l’homme, les symptômes de la leptospirose sont très variables. Une personne peut ne présenter aucun symptôme ou manifester subitement une forte fièvre, des maux de tête, des frissons, des douleurs musculaires et abdominales, des vomissements, une diarrhée, une rougeur oculaire, une jaunisse ou encore une éruption cutanée. Près de 90 % des personnes se rétablissent après ce stade, mais il arrive qu'une personne puisse faire une rechute. Le second stade peut être grave et entraîner une insuffisance rénale. Dans de rares cas, elle peut causer la mort.

Si une personne devient malade à la suite de son exposition à la bactérie, la maladie se manifeste habituellement dans les 5 à 14 jours et peut durer de quelques jours à trois semaines ou davantage. Avec le traitement approprié, la guérison peut exiger plusieurs mois. Le diagnostic est fondé sur des tests en laboratoire au moyen de prélèvements de sang et d'urine.